L’amour dans la rue

Sélectionner un album à écouter

previous next
 

Je suis bien

Je crois qu’on aura des enfants

Des petits rois heureux,

Des serviteurs du vent

Je crois qu’on aura une vie

Encore plus belle que

Celle qui nous donne envie

 

Je suis bien

 

Je crois qu’on aura une maison

Avec des animaux

Et des fruits de saison

Je crois qu’on aura des amis

Avec des idéaux

Qu’on vivra jour et nuit

 

Je crois qu’on aura des voyages

Où j’entendrai ta voix

Parler mille langages

Je crois qu’on aura des rivières

Où l’on se laissera

Glisser jusqu’à la mer

 

Je crois en nous

Et tant pis pour les réalistes

Qu’ils nous traitent de fous

Ou de pauvres idéalistes

Je suis bien

 

Je crois qu’on aura des sourires

A redonner la joie

A qui voudrait mourir

Je crois qu’on aura de l’argent

Sans jamais pour cela

Devoir vendre son temps

 

Je crois qu’on aura du soleil

De longues pluies de joie,

De la paix à la pelle

Je crois que la fidélité

Entre nous gardera

Son goût de liberté

 

 

Je crois en nous

Et tant pis pour les réalistes

Qu’ils nous traitent de fous

Ou de pauvres idéalistes

Je suis bien

 

Je crois qu’on ne va pas mourir

Juste fermer les yeux

Et ne plus revenir

Je crois que si l’un de nous reste

L’autre sera un peu

Dans tout ce qui caresse

 

Je crois surtout que ce qui m’importe vraiment

Plus que tout ce futur

Où je nous vois en souriant

C’est là sans que j’y fasse rien

Cette sensation sûre

Meilleure que mille lendemains

 

Où je suis bien

 
Paroles

1. Je suis bien
K  

Les nantis

On veut m’faire croire que je me gave

Petit Européen pourri

A entasser dedans ma cave

A quoi se résume ma vie

 

On m’dit que pendant que ceux-là

Décadent à la télévision

Y a ceux qui voudraient juste un toit

De quoi élever leurs enfants

 

Pis y a marqué dans mon journal

Que clic quand je mets le contact

Les glaces aux pôles ell’ fondent en larmes

C’est dire qu’on a des têtes à claques

 

Mais qu’est-ce que vous croyez, nantis,

Protectionnistes libéraux,

Qu’on veut de votre galaxie

Où la marque fait le héro ?

 

Regardez vos anorexiques,

Vos suicidés, vos petits vieux,

Vos drogués du tube cathodique,

Regardez comme on est joyeux

 

Bien sûr qu’on refoule aux frontières

Et qu’il y a de la pluie partout

Y a du pétrole plein les mers

Y a du chagrin et du dégoût.

 

Alors plus vite s’il vous plait,

Envoyez-moi une page de pub

Un de ces trucs à espérer

Qu’on se satisfasse à plein tube

 

Et si c’est pas encore assez

Inventez-moi des nouvelles guerres

D’autres tyrans à espérer

Voir ensanglantés au parterre.

 

Moi je connais d’autres plaisirs

Des petits coins de baraka

Et je viendrai encore vous dire

Qu’on ne les trouve pas ailleurs…

 

Que juste là.

 

a 2x (solo) :

 

Moi je connais d’autres plaisirs

Des petits coins de paradis

Et je viendrai encore vous dire

Qu’on ne les trouve pas ailleurs…

 

Qu’ici

 
Paroles

2. Les Nantis
K  

L’amour dans la rue

J’voudrais faire l’amour avec toi

J’voudrais m’emmêler dans tes bras

J’voudrais me saouler à ta joie

J’voudrais faire la paix avec moi

 

J’voudrais faire l’amour avec toi

Seulement voilà toi t’es pas là

Alors j’ me dis j’ vais faire comme ça

Moi j’ai qu’à faire l’amour sans toi

 

Et j’essaie l’amour dans la rue

j’essaie l’amour avec la vue

j’essaie l’amour avec les mots

Pour le vieux Monsieur des journaux

 

On dirait qu’il me comprend pas

Il me rend ma monnaie comme ça

On dirait qu’on existe pas

« Hé, Monsieur, regardez c’est moi ! »

 

J’voudrais faire l’amour avec toi

J’voudrais m’emmêler dans tes bras

J’voudrais me saouler à ta joie

J’voudrais faire la paix avec moi

 

J’voudrais faire l’amour avec toi

Seulement voilà toi t’es pas là

Alors j’ me dis j’ vais faire comme ça

Moi j’ai qu’à faire l’amour sans toi

 

Et je fais l’amour dans la rue

Je fais l’amour avec la vue

Je fais l’amour avec les mots

Pour les arbres et pour les oiseaux

 

On dirait qu’ils me comprennent eux

On dirait qu’ils répondent un peu

On dirait qu’on va où on veut

Hé t’as vu comme le ciel est bleu

 

Et je fais l’amour dans la rue

Je fais l’amour avec la vue

Je fais l’amour avec les mots

Pour les arbres et pour les oiseaux

 

Et puis même quand y a de l’orage

Que c’est tout gris

Qu’on a la rage

Et même quand partout y pleut

Moi je crois qu’on est où on veut

 

Et je fais l’amour avec toi

Et je m’emmêle dans tes bras

Et je me saoule avec ta joie

Et je fais la paix avec moi

 

Et on fait l’amour dans la rue

On fait l’amour avec la vue

On fait l’amour avec les mots

Pour les arbres et pour les oiseaux

 

Et voilà !

 
Paroles

3. L'amour dans la rue
K  

Celui du centre

Celui du Milieu juste au centre

Qui cherche des yeux quelques cendres

A mettre sur le Feu

 

Et douze à la périphérie

Si douce est la voix dans la nuit

C’est le murmure des lieux

 

Ah Ah Transformer l’Air

De rien, Ah Ah

 

Éclaboussure d’Eau sur la pierre

Claque et brûlure, odeur amère

Souffre !

 

Ah Ah Transformer l’air

De rien – Ah Ah

 

Sans plus résister aux blessures

Laisser glisser le long des murs

Des couleurs et des vœux

 

Et suspendus dans la lumière

Caressent tendrement la Terre

En souriant un peu

 

Ah Ah Respirer l’air

Enfin – Ah Ah

Ah Ah Transformer l’air

De rien – Ah Ah

 
Paroles

4. Celui du centre
K  

Smoke another air

Quand j’ai ma mine des jours de grêle

Quand la déprime me fait de l’œil

Quand je m’abîme sur des poèmes

Où rien ne rime sur mes feuilles

 

Je les roule en joint d’oxygène

Je me pique de cette amoureuse

Qu’est la seule héroïne que j’aime

Ma belle poudre scandaleuse

 

Et je smoke, je smoke another air

 

Et quand à longueur de journée

Les médias de l’info me crient

L’iroquois s’est refait plumer

Par un roi des poules en batterie

 

Je me soûle à l’eau des fontaines

M’ecstasy d’une heure silencieuse

Dans la quiétude sereine

Ma pilule thaï intraveineuse

 

Et je smoke, je smoke another air

 

Quand le désespoir en dentelle

Me fait « coucou » de son trottoir

Quand les défaitistes m’appellent

En faisant tinter leur dollars

 

Je me donne au vent de la pleine

Tatoue ma peau à l’encre bleue

Du soleil, des pluies diluviennes

Je suis un junkie contagieux

 

Quand je smoke, je smoke another air

 
Paroles

5. Smoke another air
K  

L'émigré

Si je suis venu te chanter

Avec mon petit pedigree

De bon Suisse bien intégré

Ma chanson pour toi l’émigré

Ma chanson pour toi l’émigré

 

C’est que je veux te dire merci

D’avoir bossé dans mon pays

Pour des blindés, pour des blanchis

D’avoir joué à Madame Pipi

Pis parfois aussi à Monsieur le travailleur de nuit

 

Mais si je viens les larmes aux yeux

C’est qu’à la place d’une médaille

Mes autorités nom de Dieu

Te renvoient sous peine de bagne

 

J’ai vu traiter des clandestins

Comme on traite les assassins

Dans ce pays qui est le mien

Et dont je suis le citoyen

Des gens dorment en prison pour rien

 

Et le rouge sur mon passeport

Est-il au pouvoir carnivore

Qui nous dépeint l’orage au ciel

Qui nous pond des lois démentielles

Quand il est bleu, quand Elle est belle

 

C’est pour ça que j’ouvre les yeux

Avec tous mes contemporains

Qui aimons bien jouer au jeu

Dont l’enjeu reste d’être au moins

Humains

 

Et moi qui suis de ces montagnes

Et qui aime bien mon pays

Je te protège et te témoigne

Ma reconnaissance infinie

Au nom de toute ma famille

 

Quand à celui qui au Château

Siège en diffusant son poison

Et en divisant ses vassaux

En comptant ses nouveaux millions

Qu’on le libère de mon Donjon

 

Si y a du soleil dans mes yeux

C’est que je vois autour de moi

Tous ces gens qui sont plein de feu

Des grands militants de la Joie

 

Et qui reviendront te chanter

Avec leurs petits pedigrees

De bons Suisses bien intégrés

Leur chanson pour toi l’émigré

Juste pour te remercier

 
Paroles

6. L'émigré
K  

Zazie

Quand elle est née Zazie,

On aurait dit deux joues

Roulant sur les tapis,

Agitant ses joujoux.

 

Après ç’a été la p’tite Lolo,

Elle serrait fort tous les animaux

Ça lui mettait des griffures partout

Pour l’amour d’un petit chaton roux.

 

Puis ç’a été Loïse,

Elle avait pas 8 ans :

« Maman, ça s’éternise !

C’est quand mes 14 ans ? »

 

Ça y allait les couches de mascara,

Les souliers pointus de Grand-maman,

Les revues légères trouvées comme ça

Dessous l’étagère chambre du fond.

 

Des bisous sur la bouche.

« Hé, trop bonne ta frangine ! »

Moi qui répond « Pas touche,

Et même pas imagine ! »

 

Hé, c’est qui la fille dans le miroir ?

L’a la dégaine de Sophie Marceau.

On dirait ma petite soeur fait voir,

Il faudrait pas qu’elle se la joue trop !

 

Partir à Katmandou

Soulager la misère.

Être riche de tout

Les pieds dans la poussière.

 

J’ai reçu ta lettre d’Amérique

Où ton amoureux a la peau noire.

T’écris que là-bas c’est pas pratique

Que vous allez changer ça ce soir !

 

Dire bonjour à Paris

Où je suis dans le trou.

Mais tant que tu sourir-

Ra la vie a du goût.

 

J’ai croisé un mec dans un café

Qui m’a parlé de toi comme un fou.

Y a du feu derrière ses yeux bridés.

La foudre elle a dû lui mettre un coup.

 

Salut le prince charmant

Pour les combats d’amour

Et dans l’apaisement

Un bébé qui voit jour.

 

Y a la plus jolie maman du monde

Qui balade entre les étalages,

Les jours de marché tout noir de monde

Un petit soleil en très bas âge

 

Y a Timour aujourd’hui,

On aurait dit deux joues

Roulant sur les tapis

Agitant ses joujoux

 

Et la ronde peut recommencer

Et s’élancer les farandoles.

Quand la mort nous aura ramassés

Rappelez la vie pour qu’elle m’enrôle

 

Encore

Pour un petit tour

Encore et toujours

 
Paroles

7. Zazie
K  

Le flicard

Refrain :

 

J’en ai marre,

J’en ai marre,

D’être un Flicard !

Ouais j’en ai marre

J’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai

Marre !

 

Tu crois p’ t’ être que ça m’ fait marrer

D’ balancer des contraventions

Et de surveiller ta chaussée

Petit con

 

Non j’en ai marre !

 

Contenir les manifestants

Se faire bombarder de pétards

Tu crois peut-être que c’est bandant

Petit anar ?

 

Non j’en ai marre !

 

Moi j’ voudrais passer la barrière

Et vivre de l’autre côté

Avec les claudos, les grand-mères

Et les drogués

 

Mais autre part !


Ref.

 

J’ voudrais bien partir à la mer

Loin de la ville aux scrogneugneux

Et puis troquer mon revolver

Contre un peu…

 

De ciel bleu, bleu, bleu !

 

Est-ce que lundi, je vais rentrer

Bosser sous mon képi azur

Pour me faire traiter de poulet

C’est pas si sûr

 

Y faudra voir !

 

J’ pourrais faire du bénévolat

Pour les enfants des émigrés

Je pourrais partir à Ouaga

Ou à Calais,

 

À Zanzibar !

 

Ref.

 

Tant pis pour ma grosse moto

Et pour mon super gyrophare

Pour ma combinaison costaude

Et mon pétard

 

Je me barre !

 

Là je suis assis sur la plage

Et y a le bruit de l’océan

Je ramasse quelques coquillages

Comme un enfant

 

Et c’est l’ panard !

 
Paroles

8. Le Flicard
K  

La Cendre

Certains meurent avant même

D’avoir passé la porte

Du couloir qui comporte

Cette pression étrange

Certains meurent avant même

De savoir juste un peu

La saveur de ce jeu

De naître plus un ange

Certains meurent dans des ventres

 

Certains meurent juste après

Encore mouillés de ça

Quand on les pose là

Au froid de la ruelle

Certains meurent juste après

Sur le corps essoufflé

Dans les bras déchirés

De leur maman si belle

Certains meurent dès qu’ils entrent

 

Certains meurent tout gamins

D’être des riens du tout

Des gens nés sans le sou

Sur qui on tire à vue

Certains meurent tout gamins

Fauchés par le brouillard

D’un chauffard d’un soûlard

Dans qui passait dans la rue

Certains meurent encore tendres

 

Certains meurent en plein feux

De leur jeunesse ouverte

Un képi sur la tête

Pour un vieux président.

Certains meurent en plein feux

De leur adolescence

Pris d’un coup de démence

Ils se pendent au plafond

Certains crèvent d’apprendre

 

 

Certains meurent pour que dalle

D’une piqûre de bête,

D’une pierre sur la tête

Le hasard les reprend

Certains meurent pour que dalle

D’être aller s’éclater

Aux vitres des cités

En gueulant « Dieu est grand ! »

Certains meurent sans comprendre

 

Certains meurent et reviennent

Tout éblouis de là

D’avoir goûté la joie

Mais de l’autre côté

Certains meurent et reviennent

En riant aux éclats

À cette peur qu’on a

De voir tout s’effacer

Certains meurent sans qu’ils tremblent

 

Certains meurent de tristesse

Tout imbibés d’alcool

Suivant le protocole

Qu’on leur a inventé

Certains meurent de tristesse

Sans se donner le temps

D’arrêter un instant

Leur vie conditionnée

Certains se croient de cendres

 

Et les larmes me viennent

Quand je te perds encore

Moi qui serrait ton corps

Que je croyais tenir

Ouais les larmes me viennent

Mais je laisse le marbre

Et je cours dans les arbres

Et je te crois venir

Souriante, descendre.

 

Vu qu’on meurt tous les jours

Qu’on meurt à chaque instant

Quand on crache le vent

Qu’on a dans nos poitrines

Vu qu’on meurt tous les jours

Qu’on meurt et qu’on revit

Autant laisser la vie

Être, autant qu’on s’incline

Je veux t’aimer la cendre

 

Certains meurent et reviennent

Tout éblouis de là

D’avoir goûté la joie

Mais de l’autre côté

Certains meurent et reviennent

En riant aux éclats

À cette peur qu’on a

De voir tout s’effacer

Certains meurent sans qu’ils tremblent

 

Et je t’aime la cendre

 
Paroles

9. La Cendre
K  

Les Alizés

Si t’avais pu

Tu m’aurais tendu ta main

Si t’avais voulu

On volait dans le lointain

J’aurai été un peu moins pâle que tout à l’heure

Et carrément plus enclin au parfum des fleurs

 

T’as préféré

Rester sur ta falaise

Moi j’ai plongé

Seul comme un con en plein malaise

Mais pendant que les pours, les contres étaient comptés

Le vent s’engouffrait dans mes cheveux emmêlés

 

Alors j’ai volé

Avec ou sans ailes

Que mon planeur ressemble

Ou pas du bon modèle

Autant de fois qu’on voudra je veux bien tomber

Mais toujours on me verra dans les Alizés

 

Les bras de Lisa

D’une Anaïs

Qui ne craint pas plus

Les vertus qu’elle craint les vices

Pour faire le saut de l’ange en mer bleue du bonheur

Pour quelques vies, quelques années ou quelques heures

 

Tomber à deux

Dans le grand vide

Et voir un peu

Si l’amour est ce long suicide

Ou si au lieu de s’écraser comme il faudrait,

Ça nous mettait le feu sacré d’une fusée

À réaction…

 

Ah ouais je veux

Et je te tends main

ET tous les deux

Qu’est-ce qu’on est bien dans le lointain

Ouais toi t’es juste un peu moins pâle que tout à l’heure

Et moi tellement plus enclin au parfum des fleurs

 

Tomber radieux

Dans le grand vide

Et voir un peu

Que l’amour n’a rien d’un suicide

Et même au lieu de s’écraser comme il faudrait,

Est-ce que tu sens le feu sacré de la fusée

À réaction…

 
Paroles

10. Les Alizés
K  

Mes aïeux

Mes aïeux se rappellent un peu

Des routes qui mènent à l’esclavage

Mon grand-père rallumait le feu

Dans les mines anciennes pour le forage

 

Aujourd’hui l’usine a fermé

Il ne reste rien dans la terre

Par ici on cherche à manger

Et ma mère est morte hier

 

J’ai prié les dieux de mes pères

J’ai pris mes affaires quelques lambeaux

Pour aller vers cette autre terre

Vue publicitaire sur les panneaux

 

On y voit ces gens souriants

Et des voitures décapotées

S’enlacer les cheveux au vent

En buvant du Nescafé

 

J’ai vendu mon corps et mes biens

Pour pouvoir payer mon billet d’avion

Arrivé à Genève-Cointrin

On m’a demandé quel était mon nom

 

Je leur ai tendu mes papiers

Ils m’ont dit que c’était des faux

J’ai eu beau pleurer, supplier

Les mains attachées dans le dos

 

Je t’écris depuis la prison

Pour te demander quel est mon crime

Aujourd’hui j’ai plus de maison

Je veux pas rentrer tout est en ruine

 

Il se peut bien que ces barreaux

Qu’on m’a offert pour horizon

Soient fondus des même métaux

Issus des terres de mes parents

 

Je te réponds de cette scène

Pour te dire que j’irai voter

Contre ces lois qu’on nous assène

Et qui tirent sur nos libertés

 

Je choisis un monde en couleurs

Où l’on peut encore s’embrasser

Sans arrière-pensée et sans peur

Je crois qu’on a déjà gagné

 
Paroles

11. Le vieux monsieur
K  

Mes aïeux

Mes aïeux se rappellent un peu

Des routes qui mènent à l’esclavage

Mon grand-père rallumait le feu

Dans les mines anciennes pour le forage

 

Aujourd’hui l’usine a fermé

Il ne reste rien dans la terre

Par ici on cherche à manger

Et ma mère est morte hier

 

J’ai prié les dieux de mes pères

J’ai pris mes affaires quelques lambeaux

Pour aller vers cette autre terre

Vue publicitaire sur les panneaux

 

On y voit ces gens souriants

Et des voitures décapotées

S’enlacer les cheveux au vent

En buvant du Nescafé

 

J’ai vendu mon corps et mes biens

Pour pouvoir payer mon billet d’avion

Arrivé à Genève-Cointrin

On m’a demandé quel était mon nom

 

Je leur ai tendu mes papiers

Ils m’ont dit que c’était des faux

J’ai eu beau pleurer, supplier

Les mains attachées dans le dos

 

Je t’écris depuis la prison

Pour te demander quel est mon crime

Aujourd’hui j’ai plus de maison

Je veux pas rentrer tout est en ruine

 

Il se peut bien que ces barreaux

Qu’on m’a offert pour horizon

Soient fondus des même métaux

Issus des terres de mes parents

 

Je te réponds de cette scène

Pour te dire que j’irai voter

Contre ces lois qu’on nous assène

Et qui tirent sur nos libertés

 

Je choisis un monde en couleurs

Où l’on peut encore s’embrasser

Sans arrière-pensée et sans peur

Je crois qu’on a déjà gagné

 
Paroles

12. Mes Aïeux
K  

La petite Léonine

Y a du soleil sur les marchés

Ca m’fait penser, ça m’fait penser

A la p’tite Léonine

Qui bosse dans son supermarché

 

Pour trois fois que dalle de l’heure

On va pas trop la fatiguer

Pour soulager son labeur

On a même tout imaginé

 

Un tapis électrique

Pour trimbaler la marchandise

Pour que ce soit bien pratique

Y a même tout qui s’automatise

 

Pas besoin de typer

Y un méga rayon laser

Qui bip et qui peut deviner

Le prix des pommes pis du gruyère

 

Y a du soleil sur les marchés

Y a des néons sur Léonine

Moi je peux bien s’imaginer

Que la choupette, elle aie le spleen

 

A la fin d’la journée

Quand t’as dit x fois merci

Que t’as vu défiler

Tous ces trucs que t’as pas produit

 

Un p’tit coup d’rouge sur les marchés

Un p’tit coup d’blues sur les machines

Léonine elle va pas marcher

Encore longtemps dans la combine

 

 

Ça lui fait penser à machin

Qui vient dedans sa Mercedes

Leur expliquer comme il est bien

Le nouveau système à la caisse

 

Y a du soleil sur les champs d’blé

Mais dans les poches de Léonine

Y a juste de quoi se payer

Des p’tites pastilles pour la déprime

 

Que le gentil Docteur

Sagement lui a conseillé

Vu que même le malheur

Aujourd’hui ça peut se soigner

 

Y du soleil sur les marchés

Ca m’fait penser, ça m’fait penser

A la p’tite Léonine

Qu’a tout envoyé balader

 

Pour faire de la poterie

Même que sa mère l’avait prévenue

Ben elle a quand même pas fini

Clocharde à coucher dans la rue

 

Y a du soleil sur les marchés

Et sur le stand de Léonine

L’autre jour j’ai été m’acheter

Une très jolie théière de chine

 

Depuis on se fait du bon thé

Chaque matin et puis chaque soir

Si on a fini par s’aimer

Y faut pas trop nous en vouloir

 

Y a du soleil sur les marchés

Y a du soleil sur les marchés

 
Paroles

13. La petite Léonine
K  

Trois jours

Trois jours pour monter sur une scène, seul

Une vie pour toucher la lumière

Un siècle pour faire fondre les pôles

Une heure pour t’écrire une chanson

 

Trente-six ans pour te décider

À faire de moi ton accident

Et aussi ton premier bébé

À venir chambouler tes plans

 

Être conçu sous LSD

C’est forcément un peu tripant

Mais cet instant d’éternité

A fait de moi ce bel enfant

 

Trois jours pour monter sur une scène, seul

Une vie pour toucher la lumière

Un siècle pour faire fondre les pôles

Une heure pour t’écrire une chanson

 

Vingt-six ans pour te voir papa

Comme un chercheur de vérité

Qui n’a jamais baissé les bras

Et jamais fini d’en trouver
Y a Séraphine y a Séraphin

Qui s’rappellent encore de Kikou

Et de Zazie dans le lointain

À coco sur un Lion roux

 

Trois jours pour monter sur une scène, seul

Une vie pour toucher la lumière

Un siècle pour faire fondre les pôles

Une heure pour t’écrire une chanson

 

Soixante-trois ans pour être là

Gaga devant « Monsieur Timour ! »

Plus doux, plus rieur qu’autrefois

Et avec des fleurs tout autour

 

Si on me demande aujourd’hui

De citer des noms sur la Terre

De ceux de mes meilleurs amis

À tous les coups j’inclus mon père

 

Une heure pour t’écrire cette chanson

Un siècle pour faire fondre les pôles

Une vie pour toucher la lumière

Trois jours pour monter sur une scène

Seul

 
Paroles

14. Trois jours
K  

La Cendre

Certains meurent avant même

D’avoir passé la porte

Du couloir qui comporte

Cette pression étrange

Certains meurent avant même

De savoir juste un peu

La saveur de ce jeu

De naître plus un ange

Certains meurent dans des ventres

 

Certains meurent juste après

Encore mouillés de ça

Quand on les pose là

Au froid de la ruelle

Certains meurent juste après

Sur le corps essoufflé

Dans les bras déchirés

De leur maman si belle

Certains meurent dès qu’ils entrent

 

Certains meurent tout gamins

D’être des riens du tout

Des gens nés sans le sou

Sur qui on tire à vue

Certains meurent tout gamins

Fauchés par le brouillard

D’un chauffard d’un soûlard

Dans qui passait dans la rue

Certains meurent encore tendres

 

Certains meurent en plein feux

De leur jeunesse ouverte

Un képi sur la tête

Pour un vieux président.

Certains meurent en plein feux

De leur adolescence

Pris d’un coup de démence

Ils se pendent au plafond

Certains crèvent d’apprendre

 

 

Certains meurent pour que dalle

D’une piqûre de bête,

D’une pierre sur la tête

Le hasard les reprend

Certains meurent pour que dalle

D’être aller s’éclater

Aux vitres des cités

En gueulant « Dieu est grand ! »

Certains meurent sans comprendre

 

Certains meurent et reviennent

Tout éblouis de là

D’avoir goûté la joie

Mais de l’autre côté

Certains meurent et reviennent

En riant aux éclats

À cette peur qu’on a

De voir tout s’effacer

Certains meurent sans qu’ils tremblent

 

Certains meurent de tristesse

Tout imbibés d’alcool

Suivant le protocole

Qu’on leur a inventé

Certains meurent de tristesse

Sans se donner le temps

D’arrêter un instant

Leur vie conditionnée

Certains se croient de cendres

 

Et les larmes me viennent

Quand je te perds encore

Moi qui serrait ton corps

Que je croyais tenir

Ouais les larmes me viennent

Mais je laisse le marbre

Et je cours dans les arbres

Et je te crois venir

Souriante, descendre.

 

Vu qu’on meurt tous les jours

Qu’on meurt à chaque instant

Quand on crache le vent

Qu’on a dans nos poitrines

Vu qu’on meurt tous les jours

Qu’on meurt et qu’on revit

Autant laisser la vie

Être, autant qu’on s’incline

Je veux t’aimer la cendre

 

Certains meurent et reviennent

Tout éblouis de là

D’avoir goûté la joie

Mais de l’autre côté

Certains meurent et reviennent

En riant aux éclats

À cette peur qu’on a

De voir tout s’effacer

Certains meurent sans qu’ils tremblent

 

Et je t’aime la cendre

 
Paroles

15. La cendre (version bonus)
K  

 

 
 
previous next
X